Journée internationale des femmes : à la poursuite d'un mythe
• Par Françoise Picq

Il fallait être bien suspicieuse dans les années 1970 pour mettre en doute l’événement commémoré le 8 mars. Les féministes américaines avaient repris à leur compte la tradition de la journée internationale des femmes, et les “groupes femmes” du Mouvement de Libération des Femmes cherchaient à la raviver en France, tout en dénonçant ce qu’elle était devenue dans les pays socialistes : une sorte de fête des mères.
Toutes s’accordaient sur l’origine de la célébration et honoraient la mémoire des couturières new-yorkaises du siècle dernier. D’Antoinette (journal des femmes de la Confédération Générale du Travail) aux Pétroleuses (journal des femmes de la Ligue Communiste Révolutionnaire) ou au Quotidien des femmes (journal de la “tendance” Psychanalyse et politique), toute la presse militante répétait la même histoire “Ce sont les Américaines qui ont commencé. C’était le 8 mars 1857... elles réclamaient déjà la réduction du temps de travail, l’augmentation des salaires et leur égalité pour un travail égal, des crèches et le respect de leur dignité”.
“Une des premières grèves de femmes, opposant les ouvrières du textile à la police de New York qui charge, tire et tue” [1].
On y trouvait bien quelques variantes dans le décor posé - soleil printanier ou bise d’hiver -, dans les actrices présentées - ouvrières du textile, chemisières ou couturières - ; l’accent était mis ici sur la lutte et la répression, là sur le serment de se retrouver chaque année, ailleurs sur un terrible accident du travail. Mais tous étaient d’accord sur la date et sur le lieu - 8 mars 1857, New York -, et sur le sens politique de l’événement fondateur.
La publication, en mars 1977 du numéro zéro d’Histoires d’Elles fut l’occasion d’une investigation sur l’origine de la Journée Internationale des femmes pour quelques féministes en quête de leur histoire [2]. Aucune trace de la journée du 8 mars 1857 et de la lutte des couturières new-yorkaises, ni dans les histoires du féminisme américain (qui parlent surtout de la lutte pour les droits civiques, mais évoquent aussi des grèves de femmes), ni dans les histoires du mouvement ouvrier (qui oublient le plus souvent les femmes), ni dans les journaux de l’époque (le 8 mars 1857 étant d’ailleurs un dimanche). La décision de célébrer chaque année une “journée des femmes” avait bien été prise en 1910, à la IIè Conférence Internationale des femmes socialistes de Copenhague, selon la proposition de Clara Zetkin.
Il s’agissait de mobiliser les femmes “en accord avec les organisations politiques et syndicales du prolétariat dotées de la conscience de classe” et d’éclairer la revendication du droit de vote “conformément à la conception socialiste d’ensemble de la question des femmes” [3].
A l’évidence l’événement nous échappait. Loin de le mettre alors en doute, nous nous interrogions sur le choix de celui-ci plutôt que d’un autre. Commémorer le combat d’ouvrières pour leurs conditions de travail, n’était-ce pas privilégier une version féminine de la lutte des classes et exclure d’autres aspects de la lutte des femmes, d’autres revendications. Mobilisations féministes pour les droits civils et civiques, pour le droit à l’instruction et l’ouverture aux femmes des professions qualifiées ; mais aussi défense du droit au travail des ouvrières, y compris contre les ouvriers ligués contre elles?

Clara Zetkin avait, on le sait, une stratégie double : elle voulait obtenir la prise en compte des revendications des femmes par les dirigeants socialistes qui ne s’en préoccupaient guère, pour les intégrer dans la cause ouvrière et contrecarrer l’influence des groupes féministes sur les femmes du peuple.
A la suite de cette initiative, de nombreuses réunions socialistes ont été organisées : le 26 février 1911 aux Etats Unis, le 19 mars en Allemagne et en Autriche, le 1er mai en Suède. En Russie tsariste la “Journée Internationale des ouvrières” a été célébrée le 2 mars 1913, puis le 8 mars 1914. En 1917, selon Alexandra Kollontaï,
“La Journée des ouvrières est devenue une date mémorable dans l’histoire. Ce jour-là les femmes russes ont brandi la torche de la révolution prolétarienne et ont mis le feu aux poudres. La révolution de février venait de commencer” [4].
Trotski cite aussi le 26 février (8 mars selon le calendrier grégorien) comme “premier jour de la révolution”. Et c’est cette date qui est depuis 1921 commémorée dans la Russie des Soviets et par le mouvement communiste international.
L’intention d’Yvette Roudy, Ministre des droits de la femme, en 1982, de faire du 8 mars une date fériée nous a incitées à pousser plus avant cette enquête, dont les résultats étaient restés confidentiels. Après lecture des comptes-rendus de la Conférence de Copenhague et du dépouillement du journal de Clara Zetkin, Die Gleichheit, nous avons constaté que celle-ci n’avait aucunement évoqué les couturières new-yorkaises, pas plus qu’elle n’avait choisi la date du 8 mars. Elle proposait en fait de la célébrer “au moment des fêtes annuelles de mai” [5].
L’objectif poursuivi par la Conférence de Copenhague se trouvait par ailleurs éclairé par une autre décision prise par celle-ci : créer partout des groupes de femmes socialistes refusant toute alliance avec les féministes “de la bourgeoisie”.
La “Journée internationale des femmes” s’inscrivait bien dans une stratégie de division des femmes selon une ligne de classe et de compétition à l’égard du mouvement féministe. Le point de vue de Clara Zetkin pour qui “Marx a forgé le glaive qui a tranché les attaches entre mouvement féminin prolétarien et bourgeois” [6] l’emportait, contre celui qu’avait défendu en vain Madeleine Pelletier lors de la première Conférence Internationale des femmes socialistes, à Stuttgart en 1907 : la nécessaire alliance entre féminisme et socialisme. La tradition de la Journée internationale des femmes était bien, au départ un choix sectaire, pour lequel féminisme et socialisme étaient exclusifs l’un de l’autre.
C’est donc sur cette ligne anti-féministe que fut fondé en France, en 1913, le Groupe des femmes socialistes, qui sous la houlette de Louise Saumonneau se consacra à la dénonciation du “féminisme bourgeois”, et à la lutte contre celles des femmes socialistes qui ne partageaient pas son hostilité au féminisme [7].
1857-1955, naissance d’une légende
Où, quand et pourquoi les couturières new-yorkaises sont-elles apparues ?
Jusqu’aux années 1950, la presse communiste ne cite aucun événement à commémorer, mais la Journée Internationale des femmes, parfois nommée “Journée communiste internationale des femmes” est référée à l’URSS :
“Le 8 mars, la femme d’URSS commémore son émancipation”, écrit Maxime Gorki en 1933 et Nadiejda Kroupskaïa évoque en 1935 “la 25e journée Internationale des Femmes et nos conquêtes” [8].
Chaque année, dans les Cahiers de l’Union des Femmes Françaises, dans l’hebdomadaire France nouvelle, Claudine Chomat, Marie-Claude Vaillant-Couturier, Julie Dewintre, membres du Comité central du Parti Communiste appellent les femmes à se mobiliser contre l’exploitation mais aussi pour le désarmement et la défense de l’Union soviétique. Elles dénoncent avec vigueur l’impérialisme américain.
En 1950, Claudine Chomat fait remonter cette “grande tradition” à 1908 et au Congrès du parti socialiste américain [9]. Et en 1955, dans l’Humanité, dans l’Humanité Dimanche, dans France Nouvelle, le mythe prend forme :
“Il était une fois à New-York, en 1857, des ouvrières de l’habillement. Elles travaillaient dix heures par jour dans des conditions effroyables, pour des salaires de misère. De leur colère, de leur misère naquit une manifestation…” [10].
C’est Madeleine Colin qui donne la version la plus détaillée de cette histoire dans le n°1 des Cahiers du communisme, de 1960.
“Le 8 mars 1857, un long cortège de femmes “misérablement vêtues” envahit les rues de New York pour réclamer elles aussi “la journée de dix heures, des pièces claires et saines pour le travail, des salaires égaux à ceux des tailleurs”. La police chargea la manifestation quand elle pénétra dans les beaux quartiers de la ville. Mais les ouvrières américaines avaient marqué devant le monde leur existence et leur volonté de conquérir leur place dans la vie”.
Le récit intègre la manifestation des chemisières new yorkaises dans la longue histoire de la participation des femmes aux luttes ouvrières, notamment en France (avec la grève des ovalistes, la révolte des canuts, la révolution de juillet 1830, les barricades de février 1848, les grandes figures de Flora Tristan et de Pauline Rolland), mais aussi en Russie avec les femmes de Pétrograd, descendues dans la rue “à l’appel du Comité bolchévik de Pétrograd”.
Les chemisières de New York sont entrées dans la légende, qui ne fait que croître et embellir. Elles reviennent chaque année, quand “revient le printemps et que revient le 8 mars, jour international de lutte pour nos sœurs du monde entier”. Elles sont, “aux communistes et aux socialistes ce que l’Immaculée Conception est aux catholiques” note Renée Côté [11].
Le choix d’une histoire
Comment comprendre ce changement au milieu des années 1950 dans la presse communiste et syndicaliste ? Pourquoi a-t-il semblé nécessaire, en pleine guerre froide, de donner à la célébration de la Journée des femmes une origine plus ancienne, plus spontanée que la décision de femmes de partis ? Pourquoi a-t-il fallu détacher le 8 mars de son histoire soviétique?
Un livre de souvenirs de Madeleine Colin, Traces d’une vie [12], suggère une hypothèse inattendue. L’auteure évoque la commémoration d’une grande grève menée par les ouvrières de l’habillement de New-York en 1857, dans le cadre d’une bataille menée “pour que la CGT s’affranchisse de la prédominance de l’UFF et du parti, pour qu’elle ait ses propres mots d’ordre et ses propres formes d’action”. La CGT, dit-elle, “n’était conviée à la célébration de cette journée que pour soutenir des mots d’ordre déjà établis et pour faire participer des travailleuses aux manifestations décidées”.
Madeleine Colin, alors responsable de la CGT, marque ses distances avec l’UFF, “organisation féminine, née de la Résistance”, dirigée par des communistes et qui “groupait un grand nombre de femmes, essentiellement des ménagères et quelques intellectuelles” Elle dit avoir eu dans ce combat “le soutien total de Benoît Frachon…contre Jeannette Vermeersch, dirigeante de l’UFF et membre du bureau politique du parti”. Et elle insiste sur son désaccord avec celle-ci à propos de la contraception et de l’avortement.
On se souvient de la campagne communiste dans les années 1950 contre Jacques Derogy et “le néo-malthusianisme” et du violent discours de Jeannette Vermeersch :
“Mais depuis quand les femmes prolétaires luttent pour les mêmes droits que les dames de la bourgeoisie ? Jamais… Depuis quand les femmes travailleuses réclameraient le droit d’accéder aux vices de la bourgeoisie ? Jamais !” [13].
L’argumentation de Madeleine Colin ouvre de nouvelles interrogations. Notre esprit critique avait soupçonné une visée antiféministe dans le choix d’une lutte d’ouvrières contre la dureté de leurs conditions de travail. Cela correspondait incontestablement à la conception de la Conférence de Copenhague : la lutte des femmes n’est légitime que si elle s’intègre dans la lutte des classes et ne soulève d’autres contradictions que celles qui opposent les ouvrières aux patrons.
Mais “l’invention” des couturières n’a pas été le fait de cette Conférence et elle pourrait avoir un tout autre but : opposer une lutte de femmes travailleuses à une célébration communiste des femmes, devenue beaucoup plus traditionaliste et réactionnaire. Celle qu’on trouve effectivement dans les publications de l’UFF de l’époque, appelant “les travailleuses, les ménagères, les mères” à protéger l’enfance, à se mobiliser “contre la vie chère, pour la famille et pour la paix ; celle aussi qui dans les pays de l’Est honore les femmes comme mères … [14]
De l’utilité d’un mythe
A ce stade de la recherche, de nombreuses interrogations demeurent. Le secret n’est pas levé des événements qui ont pu inspirer la légende, ni des contradictions dans lesquelles elle a émergé. Mais l’essentiel n’est-il pas de constater la rapidité et la force avec laquelle elle s’est diffusée, comme si elle répondait à une attente informulée.
Elle a fait retour en Amérique en 1969, revivifiée par des féministes qui en avaient entendu parler en France, ou à travers le cinéma soviétique [15] sans doute ravies de mettre l’Amérique à l’avant-garde des luttes internationales de femmes, et de reprendre à leur compte une tradition célébrée au Viet-Nam.
Ce qui compte dans un mythe d’origine, c’est sa signification. La vérité historique est de peu de poids là où le besoin se fait sentir. C’est donc ainsi qu’Yvette Roudy a choisi en toute conscience de faire revivre la célébration. Ne poursuivait-elle pas le même objectif que Clara Zetkin en 1910 : inscrire la lutte des femmes dans le combat socialiste, et récupérer la tradition qui avait été surtout celle du mouvement communiste ?
“La date du 8 mars a-t-elle été formellement adoptée au Congrès de Copenhague ? Cette date correspond-elle à l’anniversaire d’une grève des ouvrières de l’habillement de New-York quelques années auparavant ? Les historiens en débattent. Il est apparu au nouveau gouvernement de la France qu’il convenait de marquer le changement en renouant avec la tradition de lutte que la création du Ministère des droits de la femme a rendu plus actuelle que jamais”.
Du point de vue des femmes, il faut d’ailleurs reconnaître l’utilité de cette célébration officielle. Occasion obligée pour le gouvernement d’annoncer quelques mesures, occasion pour la presse de donner la parole à des femmes, de faire le point sur la situation des femmes et de mettre au jour des réalités habituellement occultées. Même si cela permet aussi l’indifférence et la bonne conscience de tous les autres jours. C’est aussi à travers le monde un signe de ralliement pour les femmes en lutte pour leur libération.

N’est-ce alors qu’une obsession d’historienne que de vouloir soulever le voile là où le mythe joue son rôle?
La mise en question de l’événement fondateur semble avoir déstabilisé la presse qui ne sait plus à quoi accrocher cette célébration annuelle. L’Humanité tout particulièrement peine à faire son deuil de la légende. Dans sa volonté de “mutation” affichée dans les années 1990, le Parti communiste tend la main au féminisme.
Manifestation pour les Droits des femmes du 25 novembre 1995, participation au Collectif des droits des femmes, organisation des Assises nationales des droits des femmes en avril 1997.
“Humanisme, communisme et féminisme doivent être indissociables” titre l’Humanité du 8 mars 1996. Le dialogue est établi entre chercheuses féministes et responsables communistes qui posent ensemble des “jalons pour une histoire” rétablissant les faits et confrontant leurs analyses des anciens conflits [16].
Pourtant la journaliste qui cite dans l’Humanité du 8 mars 1999 notre recherche, et la diffusion que lui a donnée Florence Montreynaud ne semble guère convaincue. “L’origine américaine du 8 mars serait “une fable apparue pour la première fois dans le quotidien l’Humanité” en 1955. Pourquoi pas ? L’hypothèse peut piquer la curiosité” ; mais elle lui préfère la version de Claudine Chomat dans l’Humanité de 1955 [17].
Une nouvelle légitimation par les Nations Unies apparaît dans les années 1990, comme pour prendre une place laissée vacante : “A chaque 8 mars, date choisie par l’ONU pour célébrer la Journée internationale des femmes, les responsables politiques, les syndicats, les associations de défense des droits de l’homme, les médias redécouvrent la question des femmes”, note ainsi Le Monde du 7 mars 1998.
D’où vient donc cette nouvelle origine, dont nous n’avons jamais entendu parler au cours de cette recherche, commencée en 1977, non plus qu’Yvette Roudy en 1982? Rien sur le site Internet de l’ONU, consulté en 1998 ne confirme cette indication [18]”.
En revanche, d’autres sites Internet citent avec beaucoup d’assurance une décision de l’ONU, parfois datée avec précision (Assemblée Générale du 16 décembre 1977, ou 1975), en même temps que les chemisières new-yorkaises.
Il semble que l’ONU ait été substituée à Clara Zetkin - laquelle n’est plus politiquement correcte - pour conférer aux ouvrières new yorkaises une nouvelle légitimité consensuelle. Tout laisse à penser que leur légende connaîtra via Internet une diffusion accélérée et que la vérité historique n’y pourra rien. Car enfin que peut-on reprocher à ces “courageuses Américaines”, symbole de la lutte des femmes ?
Notes:
• [1] Antoinette, n°1, 8 mars 1964 ; Les Pétroleuses, mars 1975 ; Le Quotidien des femmes, 1975. • [2] Josée Contreras, Anny Desrumaux, Christine Fauré, Liliane Kandel et Françoise Picq, “Journée internationale des femmes, Attention ! Une commémoration peut en cacher une autre ?”, Histoires d’Elles, n° 0, 8 mars 1977. • [3] Résolution de la Conférence Internationale des femmes socialistes, Copenhague 1910 • [4] Alexandra KollontaÏ, “International Women’s Day”. Selon Trotski, les travailleuses du textile auraient spontanément transformé en grève de masse et en manifestation la “Journée Internationale des femmes” pour laquelle les cercles sociaux-démocrates ne projetaient que “les moyens d’usage courant : réunions, discours, tracts” (Léon Trotski, Histoire de la Révolution russe, Ed. du Seuil, Paris, 1950, t. I, p.143-144. • [5] Liliane Kandel et Françoise Picq, “Le mythe des origines (à prpos de la journée internationale des femmes”, La Revue d’en face, n° 12, automne 1982. • [6] Clara Zetkin, Batailles pour les femmes, ouvrage publié sous la responsabilité de Gilbert Badia, éditions sociales, Paris, 1980, p.84. • [7] Françoise Picq, “Le féminisme bourgeois, une théorie élaborée par les femmes socialistes avant la guerre de 14”, in Stratégies des femmes, Paris, Tierce 1984. ; Laurence Klejman et Florence Rochefort, L’Egalité en marche, le féminisme sous la Troisième République, PFNSP-des femmes, 1989 ; Charles Sowerwine, Les femmes et le socialisme, PFNSP,1978. • [8] Maxime Gorki, Regards n° 15, mars 1933 ; N.Kroupskaïa “La 25e Journée internationale des femmes et nos conquêtes”, Correspondance internationale, n°22-23. • [9] Claudine Chomat, “A l’occasion de la Journée Internationale des femmes, Le 5 mars, les Françaises se dressent pour proclamer leur volonté de paix, de liberté et de bonheur”, France nouvelle, n° 220, 4 mars 1950. • [10] L’Humanité dimanche, 13 mars, 1955 ; Claudine Chomat, l’Humanité 5 mars 1955 ; Yvonne Dumont, “Journée Internationale des femmes : pour l’amitié des femmes françaises et allemandes, France Nouvelle, n° 480, 26 février 1955. • [11] Renée Côté, La Journée internationale des femmes ou les vrais faits et les vraies dates des mystérieuses origines du 8 mars jusqu’ici embrouillées, truquées, oubliées : la clef des énigmes, la vérité historique, Les éditions du remue-ménage, Montréal, 1984. • [12] Madeleine Colin, Traces d’une vie, publié à compte d’auteur, 1991. L’événement pourrait avoir été inspiré par un opuscule publié en 1947 par une socialiste américaine Elizabeth Gurley-Flynn. Celle-ci construit en effet autour de la grève des chemisières newyorkaises de 1909-1910 un récit qui ressemble fort à la légende du 8 mars 1857(cf Renée Côté, op. cit.) • [13] Cité par Renée Rousseau, Les femmes rouges, Chronique des années Vermeersch, Albin Michel, 1983, p.231. La campagne orchestrée par le PCF contre le “camarade Derogy” et son combat contre la loi de 1920 a été étonnante ; il semble qu’elle ait eu pour but de détourner l’attention du rapport Krouchtchev. • [14] Cette hypothèse pose pourtant un problème de chronologie puisque les couturières sont apparues en 1955, et c’est seulement en 1956 qu’a été lancée dans le PCF la campagne anti-Derogy. • [15] Gail Lerner, “Why do we commemorate March 8th”, Bulletin Femmes “Ruptures”, n° 68, 1e quinzaine de mars 92. Renée Côté, op. cit. p.14, 18. • [16] “Cécile Jacquet, “Le mythe du 8 mars” (Conférence de Françoise Picq pour le séminaire “Communisme et féminisme” de l’association), Femmes et communistes, jalons pour une histoire, n° 3, septembre 99 ; documentation Bibliothèque marxiste. • [17] Nadia Pierre, “Le 8 mars : des révoltes et des rêves…”, L’Humanité, Lundi 8 mars 1999 ; Florence Montreynaud, Le XX° siècle des femmes, 1995 et “Le 8 mars, mais pour quoi faire ?”, Le Monde diplomatique, mars 1999. • [18] http:///www.un.org/ecosocdev/geninfo/women/womday97.htm. | Международный женский день: в погоне за мифом Франсуаза Пик
https://shs.cairn.info/revue-travail-ge … 61?lang=fr
В 1970-е годы нужно было быть очень подозрительным, чтобы подвергнуть сомнению событие, отмечаемое 8 марта. Американские феминистки переняли традицию Международного женского дня, а «женские группы» Женского освободительного движения стремились возродить его во Франции, одновременно осуждая то, чем он стал в социалистических странах: своего рода Днем матери. Все сошлись во мнении о происхождении праздника и почтили память нью-йоркских швей прошлого века. От Antoinette (женская газета Всеобщей конфедерации труда) до Pétroleuses (женская газета Революционной коммунистической лиги) или Quotidien des femmes (журнал психоанализа и политического «направления»), вся активистская пресса повторяла одну и ту же историю: «Это начали американские женщины. Это было 8 марта 1857 года... они уже требовали сокращения рабочего времени, увеличения заработной платы, их равенства с мужчинами в одинаковом труде, детских яслей и уважения их достоинства». «Одна из первых женских забастовок, в ходе которой работницы текстильной промышленности выступили против полиции Нью-Йорка, с нападением, стрельбой и убийствами»[1].
Были некоторые вариации в обстановке — весеннее солнце или зимний ветерок — в представленных актрисах — текстильщицах, блузочницах или швеях. — Здесь упор делался на борьбу и репрессии, там на клятву встречаться каждый год, где-то на ужасном несчастном случае на работе. Но все сошлись во мнении о дате и месте – 8 марта 1857 года, Нью-Йорк – и о политическом значении учредительного события.
Публикация в марте 1977 года нулевого номера журнала Histoires d'Elles стала поводом для расследования происхождения Международного женского дня для некоторых феминисток, ищущих свою историю[2]. Никаких следов дня 8 марта 1857 года и борьбы нью-йоркских швей — ни в истории американского феминизма (в которой говорится, главным образом, о борьбе за гражданские права, но упоминаются и женские забастовки), ни в истории рабочего движения (которая чаще всего забывает про женщин), ни в газетах того времени (8 марта 1857 года было, к тому же, воскресеньем). Решение ежегодно отмечать «женский день» было принято в 1910 году на II Международной конференции женщин-социалисток в Копенгагене по предложению Клары Цеткин. Речь шла о мобилизации женщин «в согласии с политическими и профессиональными организациями пролетариата, наделенными классовым сознанием» и о разъяснении требования избирательного права «в соответствии с общей социалистической концепцией женского вопроса»[3].
Очевидно, свидетельств события не было. Тем не менее, мы ничуть не усомнились в нем, а задались вопросом о выборе именно этого, а не какого-то другого. Увековечение борьбы рабочих за условия труда не означало отдавать предпочтение женскому варианту классовой борьбы и исключать другие аспекты женской борьбы, другие требования. Феминистская мобилизация за гражданские и политические права, за право на образование и открытие квалифицированных профессий для женщин; но также и защита права работниц на труд, в том числе против рабочих, объединившихся против них? У Клары Цеткин, как мы знаем, была двойная стратегия: она хотела добиться того, чтобы требования женщин были приняты во внимание социалистическими лидерами, которых они почти не волновали, интегрировать их в дело рабочих и противодействовать влиянию феминистских групп на простых женщин.
По этой инициативе были организованы многочисленные социалистические собрания: 26 февраля 1911 в США, 19 марта в Германии и Австрии, 1 мая в Швеции. В царской России "Международный день работниц" отмечался 2 марта 1913 года, затем 8 марта 1914 года.
В 1917 году, по словам Александры Коллонтай, "Женский день стал памятной датой в истории. В этот день русские женщины взмахнули факелом пролетарской революции и подожгли порох. Началась Февральская революция "[4].
Троцкий также называет 26 февраля (8 марта по григорианскому календарю) «первым днем революции» (имеется в виду 23 февраля – мое прим.). И именно эта дата с 1921 года отмечается в Советской России и международном коммунистическом движении.
Намерение Иветт Руди, министра по правам женщин, в 1982 году объявить 8 марта государственным праздником побудило нас продолжить это расследование, результаты которого остались конфиденциальными. Прочитав отчеты Копенгагенской конференции и изучив журнал Клары Цеткин Die Gleichheit («Равенство»), мы установили, что она никоим образом не упомянула о нью-йоркских швеях и не выбрала дату 8 марта. На самом деле, она предложила отмечать его «во время ежегодных майских праздников»[5].
Цель, преследуемая Копенгагенской конференцией, прояснилась к тому же другим принятым ею решением: создать повсеместно группы женщин-социалисток, отказывающихся от всякого союза с «буржуазными» феминистками.
«Международный женский день» был частью стратегии разделения женщин по классовому признаку и конкуренции с феминистским движением. Точка зрения Клары Цеткин, для которой «Маркс выковал меч, разорвавший связи между пролетарским и буржуазным женским движением»[6], возобладала над той точкой зрения, которую Мадлен Пеллетье тщетно защищала во время первой Международной конференции женщин-социалисток в Штутгарте в 1907 году: необходимый союз между феминизмом и социализмом. Традиция Международного женского дня действительно изначально была сектантским выбором, для которого феминизм и социализм исключали друг друга.
Поэтому именно на этой антифеминистской линии во Франции в 1913 году была основана Группа женщин-социалисток, которая под руководством Луизы Сомонно посвятила себя разоблачению «буржуазного феминизма» и борьбе с теми женщинами-социалистками, которые не разделяли ее враждебности к феминизму[7].
1857-1955, рождение легенды
Где, когда и почему появились нью-йоркские швеи? До 1950-х годов коммунистическая пресса не упоминала ни одного события, посвященного празднованию, но Международный женский день, иногда называемый «Международным коммунистическим женским днем», отсылался к СССР: «8 марта женщина СССР отмечает свое освобождение», - писал Максим Горький в 1933 году, а Надежда Крупская говорила в 1935 году о «25-м Международном женском дне и наших завоеваниях»[8]. Ежегодно в «Cahiers de l'Union des Femmes Françaises», в еженедельнике «France Nouvelle» Клодин Шома, Мари-Клод Вайян-Кутюрье, Жюли Девэнтр, члены ЦК Коммунистической партии призывают женщин мобилизоваться против эксплуатации, а также для разоружения и защиты Советского Союза. Они решительно осуждают американский империализм.
В 1950 году Клодин Шома проследила эту «великую традицию» до 1908 года и Конгресса Американской социалистической партии[9]. А в 1955 году в «Юманите», в «Юманите Диманш», в «Новой Франции» миф оформился: «Давным-давно в Нью-Йорке, в 1857 году, были работницы швейной промышленности. Они работали по десять часов в день в ужасных условиях, за нищенскую зарплату. Из их гнева, из их страдания произошла манифестация…»[10].
Наиболее подробную версию этой истории дает Мадлен Колен в № 1 Cahiers du communisme («Коммунистических тетрадей») за 1960 год. «8 марта 1857 года длинная процессия «жалко одетых» женщин вылилась на улицы Нью-Йорка с требованиями «десятичасового рабочего дня, светлых и здоровых помещений для работы, заработной платы, равной зарплате портных». Полиция напала на демонстранток, когда они вошли в фешенебельные районы города. Но американские работницы сумели заявить перед всем миром о себе и о своем желании завоевать достойное место в жизни».
История объединяет демонстрацию нью-йоркских швей с долгой историей участия женщин в рабочей борьбе, особенно во Франции - с забастовкой лионских овалисток, восстанием ткачих, революцией июля 1830 года, февральскими баррикадами 1848 года, великими фигурами Флоры Тристан и Полины Роллан; но также и в России с женщинами Петрограда, которые вышли на улицы «по призыву большевистского комитета Петрограда». Блузочницы Нью-Йорка стали частью легенды, которая только разрастается и становится все прекраснее. Они возвращаются каждый год, когда «приходит весна и возвращается 8 марта, международный день борьбы за наших сестер во всем мире». Они «для коммунистов и социалистов то же самое, что Непорочное зачатие для католиков», — отмечает Рене Коте[11].
Выбор истории
Как понять эту перемену, произошедшую в середине 1950-х годов в коммунистической и профсоюзной прессе? Почему в разгар Холодной войны [кому-то] показалось необходимым придать празднованию Женского дня более старинное и спонтанное происхождение, чем решение партийных женщин? Почему возникла необходимость вычленить 8 марта из советской истории?
Книга воспоминаний Мадлен Колен «Следы жизни»[12] предлагает неожиданную гипотезу. Автор вспоминает крупную забастовку, организованную нью-йоркскими швейными рабочими в 1857 году, как часть битвы, которая велась «за то, чтобы Всеобщая Конфедерация Труда освободилась от господства Союза Французских женщин (UFF) и партии (PCF), чтобы у нее были свои собственные лозунги и свои собственные формы действий». ВКТ, по ее словам, «была приглашена на празднование этого дня только для того, чтобы поддержать уже существующие лозунги и вовлечь рабочих в решительные демонстрации». Мадлен Колен, тогдашняя глава ВКТ, отмежевалась от UFF, «женской организации, рожденной Сопротивлением», возглавляемой коммунистками и которая «объединила большое количество женщин, в основном домохозяек и нескольких интеллектуалок». Она заявила, что в этой борьбе у нее была «полная поддержка Бенуа Фрашона… против Жаннет Вермеерш, лидера UFF и члена политбюро партии». И она настаивает на своем несогласии с ней по поводу контрацепции и абортов.
Мы помним коммунистическую кампанию 1950-х годов против Жака Дерожи и «неомальтузианства» и яростную речь Жаннет Вермеерш: «Но с каких пор пролетарские женщины боролись за те же права, что и дамы буржуазии? Никогда… С каких это пор работницы требовали права доступа к порокам буржуазии? Никогда!» [13].
Аргументация Мадлен Колен открывает новые вопросы. Наш критический дух заподозрил антифеминистскую цель в выборе борьбы работниц против суровых условий их труда. Это, несомненно, соответствовало концепции Копенгагенской конференции: женская борьба легитимна только в том случае, если она интегрирована в классовую борьбу и не вызывает иных противоречий, кроме тех, которые настраивают рабочих против начальников. Но «изобретение» швей не было делом этой конференции и могло иметь совершенно иную цель: противопоставить борьбу работниц коммунистическому прославлению женщины, ставшему гораздо более традиционалистским и реакционным. Тому, что мы действительно находим в публикациях UFF того времени, призывающих «работниц, домохозяек, матерей» защитить детство, мобилизоваться «против дороговизны жизни, ради семьи и мира; то же самое, что в восточных странах почитает женщину как мать…[14]
О пользе мифа
На данном этапе исследования остается много вопросов. Не была раскрыта тайна ни тех событий, которые могли вдохновить легенду, ни тех противоречий, с которыми она возникла. Но не важнее ли отметить скорость и силу, с которой она распространялась, словно откликаясь на невысказанное ожидание? Миф вернулся в Америку в 1969 году, возрожденный феминистками, услышавшими о нем во Франции или через советское кино[15], которые, несомненно, были рады поставить Америку на передний план международной женской борьбы и подхватить традицию, отмечаемую во Вьетнаме.
Что важно в мифе о происхождении, так это его значимость. Историческая правда не имеет большого веса там, где возникает такая необходимость. Именно поэтому Иветт Руди сознательно решила возродить праздник. Разве она не преследовала ту же цель, что и Клара Цеткин в 1910 году: включить борьбу женщин в социалистическую борьбу и восстановить традицию, которая была прежде всего частью коммунистического движения? «Была ли дата 8 марта официально принята на Конгрессе в Копенгагене? Является ли эта дата годовщиной забастовки швей Нью-Йорка, состоявшейся несколькими годами ранее? Историки спорят по этому поводу. Новому правительству Франции показалось уместным отметить эти изменения, возродив традицию борьбы, которую создание Министерства по правам женщин сделало более актуальным, чем когда-либо.
С точки зрения женщин мы также должны признать полезность этого официального праздника. Дополнительная необходимость для правительства объявить о некоторых мерах, лишняя возможность для прессы дать женщинам высказаться, проанализировать положение женщин и высветить реалии, которые обычно скрываются. Даже если это допускает равнодушие с чистой совестью во все прочие дни. Это также знак объединения женщин, борющихся за свое освобождение во всем мире.
Не одержимость ли это историка, когда он желает приоткрыть завесу, за которой скрывается миф? Сомнение по поводу учредительного мероприятия, кажется, дестабилизировало прессу, которая больше не знает, с чем связывать это ежегодное празднование. Для L’Humanité оказалось особенно болезненно оплакивать эту легенду. В своем стремлении к «мутации», проявленном в 1990-е годы, Коммунистическая партия обращается к феминизму. Демонстрация за права женщин 25 ноября 1995 года, участие в Коллективе за права женщин, организация Национальной конференции по правам женщин в апреле 1997 года. «Гуманизм, коммунизм и феминизм должны быть неразделимы», - заголовок «Юманите» от 8 марта 1996 года. Установлен диалог между исследователями-феминистками и коммунистическими лидерами, которые вместе устанавливают «вехи истории», восстанавливая факты и сравнивая свой анализ старых конфликтов[16].
Однако журналистка, цитирующая в журнале L'Humanité от 8 марта 1999 года наше исследование и его популяризацию Флоранс Монтрейно, не кажется убежденной. "Говорят, что американское происхождение 8 марта - это "басня, которая впервые появилась в ежедневной газете l'Humanité" в 1955 году. Почему бы и нет? Эта гипотеза может возбудить любопытство"; но она предпочитает версию Клодин Шома в «Юманите» 1955 года[17].
Новая легитимизация со стороны ООН появилась в 1990-х годах, как будто для того, чтобы занять место, оставшееся вакантным: «Каждое 8 марта, дата, выбранная ООН для празднования Международного женского дня, политические лидеры, профсоюзы, правозащитные ассоциации и средства массовой информации заново открывают для себя женский вопрос»,
— отмечает Le Monde от 7 марта 1998 года.
Так откуда же взялось это новое происхождение, о котором ни мы никогда не слышали во время этого исследования, начавшегося в 1977 году, ни Иветт Руди в 1982 году? Ничто на веб-сайте ООН, к которому обращались в 1998 году, не подтверждает это указание[18]».
В то же время, другие интернет-сайты с большой уверенностью цитируют решение ООН, иногда точно датированное (Генеральная Ассамблея 16 декабря 1977 или 1975 года), одновременно с историей нью-йоркских швей. Кажется, что ООН заменила собой Клару Цеткин, которая больше не является в достаточной степени политкорректной, чтобы придать нью-йоркским работницам новую консенсуальную легитимность. Все говорит о том, что их легенда будет ускоренно распространяться через Интернет и что историческая правда с этим ничего не сможет поделать. Потому что, наконец, в чем мы можем винить этих «мужественных американок», символов женской борьбы?
Примечания:
• [1] Антуанетта, № 1, 8 марта 1964 г.; Les Pétroleuses, март 1975 г.; Женская газета, 1975. • [2] Жозе Контрерас, Анни Дерюмо, Кристин Форе, Лилиан Кандель и Франсуаза Пик, «Международный женский день. Будьте осторожны! Одно празднование может скрыть другое?», Histoires d’Elles, № 0, 8 марта 1977 г. • [3] Резолюция Международной конференции женщин-социалисток, Копенгаген, 1910 г. • [4] Александра Коллонтай, «Международный женский день». По мнению Троцкого, текстильщики стихийно превратили бы в массовую забастовку и демонстрацию «Международный женский день», для которого социал-демократические круги планировали лишь «средства повседневного употребления: митинги, речи, листовки» (Леон Троцкий, История русской революции, Ed. du Seuil, Париж, 1950, т. I, стр. 143-144. • [5] Лилиан Кандель и Франсуаза Пик, «Миф о происхождении (о Международном женском дне»), La Revue d’en face, № 12, осень 1982 г. • [6] Клара Цеткин, «Битвы за женщин», работа, опубликованная под ответственностью Жильбера Бадиа, éditions Sociale, Париж, 1980, стр. 84. • [7] Франсуаза Пик, «Буржуазный феминизм, теория, разработанная женщинами-социалистками перед войной 14-ти лет», в «Strategies des Femmes», Париж, Tierce, 1984; Лоуренс Клейман и Флоренс Рошфор, «Равенство в движении», «Феминизм в эпоху Третьей республики», PFNSP-des femmes, 1989; Чарльз Сауервайн, Женщины и социализм, PFNSP, 1978. • [8] Максим Горький, С уважением № 15, март 1933 г.; Н.Крупская «XV Международный женский день и наши завоевания», Международная переписка, № 22-23. • [9] Клодин Шома, «По случаю Международного женского дня, 5 марта, французские женщины встают, чтобы заявить о своем стремлении к миру, свободе и счастью», France nouvelle, № 220, 4 марта 1950 г. • [10] L’Humanité, воскресенье, 13 марта 1955 г.; Клодин Шома, «Юманите», 5 марта 1955 г.; Ивонн Дюмон, «Международный женский день: за дружбу французских и немецких женщин», France Nouvelle, № 480, 26 февраля 1955 г. • [11] Рене Коте, Международный женский день, или реальные факты и реальные даты загадочного происхождения 8 марта, до сих пор запутанные, подделанные, забытые: ключ к загадкам, историческая правда, Les éditions du stir-ménage, Монреаль, 1984. • [12] Мадлен Колин, «Следы жизни», самостоятельная публикация, 1991 год. Это событие могло быть вдохновлено брошюрой, опубликованной в 1947 году американской социалисткой Элизабет Герли-Флинн. На самом деле вокруг забастовки рубашек в Нью-Йорке 1909-1910 годов строится история, очень напоминающая легенду 8 марта 1857 года (см. Рене Коте, указ. соч.). • [13] Цитируется Рене Руссо, Красные женщины, Хроника лет Вермеерша, Альбин Мишель, 1983, стр. 231. Кампания, организованная ФКП против «товарища Дероги», и его борьба против закона 1920 года были поразительны; Судя по всему, это было призвано отвлечь внимание от доклада Хрущева.• [14] Эта гипотеза, однако, ставит проблему хронологии, поскольку швеи появились в 1955 году, и только в 1956 году в ФКП была развернута кампания против Дероги. • [15] Гейл Лернер, «Почему мы празднуем 8 марта», Bulletin Femmes «Ruptures», № 68, 1-я половина марта 92 г. Рене Коте, op. цит. стр.14, 18. • [16] «Сесиль Жаке, «Миф о 8 марта» (Конференция Франсуазы Пик для семинара ассоциации «Коммунизм и феминизм»), Женщины и коммунисты, вехи истории, № 3, сентябрь 99 г.; Документация Марксистской библиотеки. • [17] Надя Пьер, «8 марта: бунты и мечты…», L’Humanité, понедельник, 8 марта 1999 г.; Флоранс Монтрейно, XX век женщин, 1995 г. и «8 марта, но с какой целью?», Le Monde Diplomatique, март 1999 г. • [18] http:///www.un.org/ecosocdev/geninfo/women/womday97.htm |